GROUPE DE RÉFLEXION | Club de l’Audiovisuel


 

– Club de l’Audiovisuel –

 


En 2009, Bernard Chaussegros, ancien président d’EuroMedia France, directeur de Smart Consulting SAS et spécialiste du secteur audiovisuel, et Christian Kert, Député des Bouches-du Rhône, intéressé par la gouvernance des médias, fondent ensemble un « Club de l’Audiovisuel ». Invitant à débattre divers acteurs et décideurs du secteur, ils évoquent au fil des mois les sujets les plus brûlants de l’actualité de l’audiovisuel, les réformes nécessaires et textes de lois à faire évoluer.

⇒ Leur objectif : soutenir les activités audiovisuelles, en difficulté dans la période actuelle.

Autour de Monsieur Christian KERT, et de Bernard CHAUSSEGROS, se sont réunis au fil des années des professionnels reconnus et influents de la filière audiovisuel et des médias mais également, des femmes et hommes politiques sensibles aux évolutions et problématiques que soulèvent les enjeux futurs de ce secteur. En 2017, après huit années de réflexion et la contribution de chacun de ses membres de qualité, le « Club de l’Audiovisuel » présente et publie le fruit de son travail:  Les Cahiers de l’Audiovisuel.

 

MEMBRES DU CLUB


Mesdames

Béatrice BODIN, Éva BROUSSOU, Virginie CALMELS, Catherine CARDE, Anne COHEN-SCALI, Anne-Sophie FILHOUHAUD, Mélanie FOUQUE, Anne GRAND D’ESNON, Tadrina HOCKING, Caroline KOVARIK, Peggy LE GOUVELLO, Karine LEYZIN, Françoise MARCHETTI, Martine MARTINEL, députée, Juliette MOLLO, Séverine LAURENT, Laurence PENEL, Lorenza RADICI, Sandrine ROUSTAN et Laetitia VUITTON.

Messieurs

Olivier BABEAU, Professeur d’Université, Vice-président de la Fondation Concorde, Fabrice BAKHOUCHE, Patrick BALLARIN, Pascal BECU, Olivier BERNE, Patrick BEZIER, Francois-Charles BIDEAUX, Rémy BOMMELAER, Gilles CAMOUILLY, directeur de l’antenne et des programmes de France Ô, Axel CARRERE, Olivier CHARPENTIER, Bernard DENISLAROQUE, Gilles CHASSON, Frédéric CHEVANCE, Olivier CHIABODDO, Jérôme CHOURAQUI, Jean-Michel COUNILLON, secrétaire général de TF1, Xavier COUTURE, directeur des programmes de France Télévision, Mathieu DEBUSSCHERE, Arnaud DECKER, Jean-Marc DUBOIS, Claude ESCLATINE, François GAZAGNES, Cyril GIRAUDBIT, Olivier GUIGNARD, Serge HAYAT, Pascal JOSEPHE, Laurent JULLIEN, Laurent JUPPE, Leonidas KALOGEROPOULOS, Guillaume KORDORIAN, Jean KOUCHNER,, Yves LAUNOY, Frédéric LUSSATO, Sébastien MÉNARD, Alexandre MICHELIN, David MIGNOT, Alain MODOT, Bernard MONTAGNIER, Éric MONIOT, Christophe MOUTON, Jean-Pierre NEYRAC, Marc OLIVIER, Jean-Christophe RAMOS, Paul RECHTER, Michel REYNAUD, Christian RIEDI, François-Xavier ROBINET, Marcel ROUGEMONT, député, Gregory SAMAK, Frank SOLOVEICIK, André STAUT, Boaz TRIFI, Frédéric de VINCELLES et Gérald-Brice VIRET. 

 

LES CAHIERS DE L’AUDIOVISUEL – PRÉFACE DE CHRISTIAN KERT 


Ces Cahiers de l’Audiovisuel ont trois raisons d’être.

Tout d’abord, ils sont nés d’une volonté partagée entre un parlementaire, non pas spécialiste, mais aguerri à l’univers des médias, et des professionnels de ce secteur désireux de ne pas faire entendre leur voix dans le seul cadre rituel des auditions officielles, mais au-delà, dans une agora libre et ouverte.

Cette agora, nous l’avons voulu informelle mais régulière : un jeudi matin de chaque mois, deux heures de réflexion mettent aux prises un grand témoin et la trentaine de membres de notre petit « Club ». Depuis notre première réunion en 2009, ce sont donc des dizaines de rencontres qui se sont tenues, discutant des sujets d’actualité de l’audiovisuel comme de ses enjeux les plus graves et profonds. Bien souvent les intervenants d’un matin sont restés ancrés au « club », venant naturellement enrichir la richesse des débats. Que chacune et chacun en soit, ici, remercié.

C’est mon ami Bernard Chaussegros, à l’origine du Club à mes côtés, spécialiste du secteur et ancien président du groupe audiovisuel EuroMedia France, qui a accepté de constituer ces panels de spécialistes. Cela nous a permis de puiser dans la grande variété de maisons de production, de chaînes de diffusion, dans les mille petits métiers liés à l’audiovisuel, les femmes et les hommes qui contribuent au jour le jour à bâtir le futur de l’information et de la culture par l’image. Un futur qui marche à grandes enjambées.

Ces Cahiers représentent donc l’une des finalités premières de nos « rendez-vous du jeudi » : publier une synthèse de nos travaux, dire ce que nous avons appris et partagé, expliquer les solutions que nous élaborées afin de répondre aux enjeux révolutionnaires de la diffusion de l’image, partout, à tous les instants de nos vies — car c’est ainsi qu’ira le monde.

C’est la première raison d’être de ces Cahiers.

 

La deuxième tient à un rappel essentiel : lorsque nous parlons production et diffusion audiovisuelle, nous pensons immédiatement : « Culture ». Nous avons raison. Mais c’est un peu « court » ! Non que la Culture ne suffise à elle seule à justifier le déploiement des moyens nécessaires à sa diffusion. Mais simplement parce qu’un certain monde des médias a vécu et disparaît sous nos yeux — et celui qui se dresse à sa place lui est sans commune mesure. Je veux, bien sûr, évoquer la « convergence » qui aboutit à ce qu’un même contenu voit sa diffusion démultipliée par la variété des moyens : l’image se déplace du téléviseur classique vers tous les autres médias, qui se mettent en place à un rythme inimaginable il y a seulement 20 ans, c’est-à-dire à la toute fin du siècle dernier — lequel nous parait déjà si lointain. Depuis ces « temps anciens », nous avons pris l’habitude de penser que les nouvelles générations ne regardaient plus la télévision. Cruelle erreur. Les nouvelles générations regardent la télévision mais autrement. Partout, à n’importe quel moment et avec les moyens les plus mobiles et interactifs possibles. C’est la convergence. Cette convergence a un guide : l’économie de ce secteur d’activités si hétéroclite. Faut-il alors faire de la télévision, une entreprise culturelle ? Oui bien sûr. Mais le mot est lâché : c’est une « entreprise ». Car l’audiovisuel est un monde économique en mouvement.

Les emplois liés à l’image avoisinent le million. Lorsqu’on demande aux élèves de Terminale vers quelles filières ils souhaitent s’orienter, la majorité se prononce pour des métiers liés à l’image, à la production, à l’animation. Faire de la télévision en TNT ou sur Internet, c’est appartenir à ce nouveau siècle où la force de l’écrit s’estompe doucement pour laisser place à celle de l’image. On peut le regretter mais l’image galope à travers nos sociétés. Un enfant mort sur une plage touche au cœur un monde d’indifférence ; un évènement sportif mondial soulève des foules au même instant, aux quatre coins de la planète. L’image grandit notre univers. Derrière ces réussites, il y a tout un système économique à sauvegarder. On le sait très contraint. Publicité comprise. Et notre petit club s’est donné parmi d’autres missions celle de réfléchir à la façon de le « libérer » de quelques carcans, sans que l’argent prenne le pas sur l’esprit.

Penser le modèle économique d’un secteur en pleine croissance : voilà notre deuxième raison de publier ce document.

 

La troisième raison, enfin, tient à l’actualité brûlante de la période : une double élection, présidentielle et législative. Depuis les primaires de l’automne 2016 et jusqu’à ce moment de printemps 2017, politiquement si fort, nous nous sommes tous rendus compte que les enjeux de la culture et des médias sont confinés bien loin des préoccupations programmatiques des candidats. S’insurger ne suffit pas : le principe de réalité doit l’emporter. Il ne nous faut compter que sur nous, passionnés de l’image, pour faire valoir nos idées. Ce document s’adresse donc aux candidats à l’élection présidentielle. Moi, comme d’autres qui voudront bien le faire, nous en ferons l’un des thèmes de la campagne des élections législatives car c’est à une (aujourd’hui) hypothétique majorité parlementaire qu’il reviendra de défendre les idées de ces cahiers. Lesquelles ne constituent pas un programme – il y en eut tellement ! – mais un projet. Un vrai projet qui dit l’essentiel du futur et la place que chacun — audiovisuel public, audiovisuel privé — devra y prendre, et la défense que nous devrons porter de grands groupes capables de concurrencer certaines majors notamment américaines : des groupes qui sauront aussi parler « européen ».

Ce que nous voulons dire ici, c’est que la jungle d’internet est à la fois une chance et un péril. Tant s’y passe s’y crée et s’y périme que, dans certains cours de masters « communication », on compare la révolution numérique à la naissance de l’imprimerie. On ne peut qu’espérer que cette nouvelle révolution s’accompagne d’un impact aussi positif que la précédente, en diffusant pareillement les idées, l’esprit humain et les valeurs constitutives de notre monde civilisé — tout un savoir humaniste dont nous avons encore tant besoin pour éviter ces fanatismes qui justifient leur haine par l’amour.

Notre troisième raison de publier ces Cahiers de l’Audiovisuel, c’est donc l’urgence, car il y a urgence à « oxygéner » le secteur, à lui faire vivre sa révolution et à permettre à tous ses talents de s’épanouir : écriture, réalisation, production, diffusion, etc. Nous verrons bien qui veut de nos idées, mais je reste persuadé que nous autres, membres assidus du « Club du Jeudi » ou intervenants d’un matin, avons raison de jeter ce pavé dans la mare de cette double campagne électorale. Depuis la commission Copé en 2008, aucune initiative d’importance n’est venue irriguer le paysage audiovisuel français d’idées fraiches, alors que s’ouvre une nouvelle ère des médias et de l’image. Ainsi, peut-être, grâce à ces Cahiers, l’été 2017 si riche d’attentes et d’expectatives verra-t-il l’avènement d’une rénovation complète et ressourcée des politiques audiovisuelles françaises.

Mes amis professionnels du secteur sont l’arme au pied.

 
Christian KERT

⌈ Découvrez Les Cahiers de l’Audiovisuel dans leur intégralité ⌋ 

 

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